La SNCB lance l’anniversaire de ses 100 ans par un grand « Merci »

Le 23 juillet 1926, la loi créant la « Société Nationale des Chemins de fer Belges » est votée. La SNCB traverse ensuite les décennies en s’adaptant continuellement aux évolutions du pays. Pour remercier celles et ceux grâce à qui le voyage continue, un programme d’actions originales sera déployé tout au long de l’année. Coup d’envoi : un grand « Merci » simultané ce 19 février dans toutes les gares du pays. Et une invitation, tout au long de l’année, à redécouvrir l’histoire de la SNCB, et aussi et surtout à en imaginer la suite.
Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB : "Cette année, la SNCB existe depuis 100 ans. Le rôle que notre entreprise a joué durant toutes ces années, comme maillon essentiel de la vie économique et sociale du pays, est d’une importance capitale. Ce rôle, elle veut continuer à l’assurer aussi dans le futur. Pas seulement jusqu’en 2032, quand le Contrat de service public actuel avec l’Etat belge arrivera à échéance mais aussi au-delà, quand la mission de service public sera mise en concurrence. Ces dernières années, la SNCB a évolué dans de nombreux domaines : une extension de l'offre de transport, une meilleure ponctualité, d’importants investissements dans du nouveau matériel roulant, une amélioration du service aux voyageurs et de leur accueil, une satisfaction des voyageurs en hausse, davantage d’investissements dans l'accessibilité, le confort, la sécurité et la digitalisation, et une performance poussée. Tout cela est le résultat d’un travail collectif et la SNCB poursuivra sur cet élan avec les membres de son personnel afin de rester incontournable dans le futur en tant qu'acteur de mobilité. Cette année est l’occasion de revenir sur un siècle d’histoire ferroviaire et de se projeter dans l'avenir, et dès lors remercier celles et ceux qui ont fait, et qui font, le rail belge, hier et aujourd'hui."
Jean-Luc Crucke, Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale, chargé du Développement durable : "En tant qu'amoureux du rail et, comme des centaines de milliers de voyageurs, je prends moi-même le train au quotidien. Je vois donc, très concrètement, ce que représente le travail des femmes et des hommes de la SNCB pour faire circuler le pays chaque jour. Cet anniversaire est aussi pour moi l’occasion de les remercier personnellement pour leur engagement, leur professionnalisme et leur sens du service public. Depuis 100 ans, la SNCB joue un rôle essentiel dans la vie de notre pays, et ce rôle sera d'autant plus fondamental aujourd'hui que, face à l’urgence climatique, le rail est appelé à être un levier déterminant dans notre décarbonation. C’est aussi dans cette perspective que nous préparons l’ouverture du marché ferroviaire en 2032 : non comme une fin en soi, mais comme une étape qui doit renforcer le rail, clarifier la place centrale que la SNCB doit y occuper et inciter au shift modal."
Tout au long de l’année, différentes initiatives seront proposées aux 17.000 collaborateurs de l’entreprise et à ses 900.000 voyageurs quotidiens, sous le slogan « Le voyage continue ». A commencer par un grand « Merci » déployé simultanément ce jeudi 19 février dans toutes les gares du pays.
“Merci”. Le voyage continue, grâce à vous
La SNCB a souhaité commencer par remercier ses voyageurs. Un « Merci » qui prend forme à travers des cartes postales déjà affranchies avec un timbre-poste de la série collector spécialement éditée par bpost pour le centenaire.
Ces cartes sont distribuées aux voyageurs ce jeudi 19 février dans une dizaine de gares, les invitant à y écrire quelques mots pour ensuite les envoyer à un de leurs proches. Cette action symbolique rappelle que, depuis 100 ans, le train relie avant tout les personnes. De grands visuels affichés dans ces mêmes gares viennent renforcer ce message de remerciement.
Dans les prochains jours, des trains habillés avec ce « Merci » traverseront également le pays et ce, durant toute l’année.
Le tout marqué d’un logo anniversaire représentant le chiffre 100 fusionné avec le signe de l’infini, symbole du mouvement continu. Cette forme illustre la continuité du rail à travers le temps, depuis 1926 jusqu’à aujourd’hui, et au-delà. Elle traduit également l’engagement de la SNCB à poursuivre son évolution, à innover et à renforcer son rôle de lien durable entre les personnes, les territoires et les générations.

« 100 ans en mouvement »
Une vidéo a été spécialement réalisée pour l’occasion, à partir d’archives, d’images emblématiques et de séquences contemporaines. Elle raconte le rôle du train dans la vie quotidienne hier, aujourd’hui et demain. Elle met en lumière l’évolution du rail, des premières locomotives à la mobilité moderne, tout en rappelant une constante : le train comme lien essentiel entre personnes. La réalisation de cette vidéo a été pensée comme un voyage à travers le temps, mêlant mémoire collective et regard actuel. Plus qu’un retour sur le passé, ce film ouvre une perspective vers l’avenir et invite à poursuivre le voyage ensemble.
Des initiatives pour tous, tout au long de l’année
L’année 2026 sera jalonnée d’une série d’activités externes pour faire vivre cet anniversaire, en plus d’un programme interne pour son personnel, sous le slogan « 100 ans. Le voyage continue. ».
Parmi celles-ci :
- la SNCB et bpost ont lancé une série de timbres-poste mettant en avant des trains qui ont marqué l’histoire ferroviaire belge. Ces timbres sont disponibles à la vente en ligne via l’e-shop de bpost depuis le 26 janvier ;
- une maquette animée qui voyagera de gare en gare, représentant le train dans le signe de l’infini et invitant chaque personne de passage à le mettre en mouvement. Première étape, la gare de Bruxelles-Nord dès ce 19 février ;
- des playlists seront prochainement disponibles sur les principales plateformes de streaming, spécialement conçues pour accompagner un moment de trajet, du quotidien aux grands départs, entre chansons vintage et sons contemporains ;
- à partir du printemps, une série inédite de podcasts passionnants invitera les voyageurs à plonger dans l’histoire de la SNCB et à se projeter dans son avenir ;
- un concours à destination des étudiants d’une quinzaine écoles d’Arts du pays, invités à représenter un siècle de voyages en train passé et futur à travers le graphisme, la vidéo ou l’art des fresques murales : les œuvres lauréates seront mises en valeur via les canaux digitaux de la SNCB à partir du mois de mai ;
- à partir de fin août, une exposition itinérante d’un train composé de matériel ferroviaire historique, emblématique de différentes époques, sera présentée successivement dans plusieurs gares du pays ;
- en septembre prochain, une nouvelle exposition "Fashion & Trains, de 1835 à nos jours”, sera accessible au public au sein du musée de la SNCB, Train World ;
- une journée portes ouvertes sera organisée dans deux ateliers de la SNCB où travaillent jour et nuit des centaines de techniciens en charge de l’entretien et de maintenance du matériel ferroviaire, à l’occasion de la Journée Découverte Entreprises le premier dimanche d’octobre;
- une journée d'étude sera organisée au cours de la deuxième quinzaine de mai : il s’agira d’une journée créative et tournée vers l'avenir, consacrée à une réflexion sur ce que sera la SNCB dans 25 ans.
Les différents détails seront annoncés au fur et à mesure tout au long de l’année sur le site de la SNCB.
La SNCB profitera de ces nombreux moments qui jalonneront cette année anniversaire pour rappeler son ambition : continuer d’investir dans une mobilité durable, accessible, sûre, confortable et innovante, de renforcer son offre de transport et d’accueillir toujours plus de voyageurs. L’histoire du rail belge s’écrit depuis 100 ans… et le voyage continue.
ANNEXE:
Le 5 mai 1835, la Belgique inaugure la première ligne ferroviaire du continent européen, entre Bruxelles et Malines : un événement fondateur qui fait de Bruxelles la première capitale au monde desservie par le train. Le rail devient immédiatement un moteur d’innovation et de transformation sociale.

Tout au long du XIXᵉ siècle, le chemin de fer connaît un développement fulgurant. En quarante ans à peine, près de 3.400 kilomètres de lignes sont construits. Le pays se dote alors de l’un des réseaux les plus denses au monde.
Parallèlement, la Belgique s’impose comme un acteur majeur de l’industrie ferroviaire. Entre 1835 et 1939, plus de 16.000 locomotives à vapeur sont construites par l’industrie belge, dont plus de 10.000 exportées aux quatre coins du monde. Le savoir-faire ferroviaire belge rayonne bien au-delà des frontières nationales.
La Première Guerre mondiale met brutalement fin à cette phase d’expansion. En 1918, les dégâts sont considérables : un quart du réseau est détruit ou inutilisable, une gare sur trois est inaccessible et plus de 2 000 cheminots ont perdu la vie.
Création de la SNCB en 1926

La loi créant la Société Nationale des Chemins de Fer Belges (dénommée alors SNCFB) est votée le 23 juillet 1926. La jeune entreprise autonome hérite d’un vaste réseau, de milliers de travailleurs et d’un patrimoine matériel conséquent. Elle engage rapidement une profonde modernisation du réseau, du matériel et de son organisation.
Dans les années 30, la sécurité d’exploitation fait un énorme bond en avant. Les signaux lumineux sont utilisés pour la première fois et la première ligne électrifiée entre en fonction entre Bruxelles et Anvers en 1935. Des améliorations techniques permettent de porter la vitesse à 120 km/h sur certaines voies.

1938 : généralisation d’un logo qui traverse le temps
En 1932, l’architecte et dessinateur Henry van de Velde est nommé conseiller artistique de la SNCFB. En 1934, il préside le jury d’un concours pour en concevoir l’emblème. Le gagnant est le dessinateur Jean De Roy, créateur du désormais culte logo « B » orné d’un ovale.
En France, la SNCF est créée en 1938. La SNCFB revoit dès lors son nom et devient SNCB afin d’éviter toute confusion. Cette année-là, l’utilisation du logo « B » se généralise et la SNCB devient la première entreprise ferroviaire à utiliser un monogramme.

Seconde Guerre mondiale : la SNCB occupée

Sous l’occupation allemande, la SNCB maintient la circulation des trains dans l’intérêt du pays, participant ainsi, malgré une résistance interne, également aux déportations vers l’Allemagne et les camps, révélant un profond dilemme moral entre collaboration et résistance. L’exposition « La SNCB occupée », accessible au musée Train World jusqu’au 28 juin de cette année, se penche sur les rôles des chemins de fer belges pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les trains continuent à circuler jusqu’au dernier jour de la guerre, durant laquelle l’infrastructure ferroviaire et le matériel roulant sont durement touchés. Il faudra de nombreuses années pour réparer les dégâts.
Années 50 : modernisation et rénovation
En 1949, la SNCB reprend son programme d’électrification qu’elle continuera à développer. La nouvelle gare de Bruxelles-Midi est également mise en service cette année-là. Le roi Baudouin inaugure la jonction Nord-Midi le 4 octobre 1952. Et l’électrification se poursuit à un rythme soutenu.
Années 60, 70 et 80: rigueur et modernisation

Le déclin de l’industrie traditionnelle et le succès grandissant du trafic routier sont deux raisons parmi d’autres qui amènent la SNCB à fermer certaines lignes locales et régionales. Le nombre de voyageurs transportés n’a toutefois jamais été aussi élevé dans la période d’après-guerre.
En 1966, le dernier train à vapeur effectue son voyage commercial, symbolisant la fin d’une époque.

Les années 70 sont marquées par une crise économique. La SNCB continue d’investir mais à un rythme moins soutenu, notamment dans la poursuite de l’électrification. Chaque année, dans ses rapports annuels, la SNCB attire l’attention sur le manque de moyens nécessaires à une modernisation indispensable, une demande réitérée jusque dans les années 80.
En 1984, la SNCB lance un nouveau plan de transport énergique : le plan IC-IR. Les trains rouleront désormais à heure fixe et non plus selon un horaire variable. Les pouvoirs publics comprennent aussi que le train a un avenir et qu’il peut constituer une alternative au trafic routier toujours plus problématique, entre embouteillages et pollution.
Années 90 : la SNCB devient le premier investisseur du pays
Les années 90 débutent sur une notre très ambitieuse : la société des chemins de fer reçoit enfin les moyens pour entreprendre la modernisation de son réseau. En 1991, le gouvernement approuve un plan décennal d’investissements qui doit remettre le train au goût du jour. Les premiers chantiers de construction des nouvelles lignes à grande vitesse débutent. La première de celles-ci entre en fonction en 1997, entre Bruxelles et la frontière française. Un nouveau plan décennal d’investissements est lancé en 1995 et fait de la SNCB le plus gros investisseur en Belgique. La SNCB peut enfin offrir à sa clientèle de nouveaux trains : les voitures I11 et les automotrices AM96 offrent un confort jamais vu auparavant.
2000-2015 : les réformes structurelles
Au début des années 2000, le secteur ferroviaire évolue sous l’impulsion de la réglementation européenne. En 2005, le transport ferroviaire de marchandises est entièrement libéralisé.
À partir de 2005, conformément aux directives européennes, la SNCB est restructurée: la SNCB Holding (coordination), la SNCB (opérateur ferroviaire) et Infrabel (gestionnaire de l’infrastructure) forment ensemble le « Groupe SNCB ».
La structure est simplifiée en 2014 : la SNCB assume le rôle d’opérateur ferroviaire, Infrabel est chargée de la gestion et du développement de l’infrastructure et HR Rail devient l’employeur juridique du personnel des deux entreprises.
La SNCB continue sa modernisation avec l’arrivée des automotrices Desiro et les premières commandes, fin 2015, de 445 nouvelles voitures M7 à double étage. Une deuxième commande de 200 voitures M7 supplémentaires incluant 130 voitures accessibles de manière autonome est passée fin 2020, pour une livraison complète d’ici fin 2026.

2023-2032 : une nouveau cycle pour la mission ferroviaire
Depuis 2023, la SNCB entre dans une nouvelle phase de son histoire, encadrée par un Contrat de service public couvrant la période 2023–2032. Ce contrat définit de manière claire et durable les engagements de l’entreprise en matière de transport ferroviaire de voyageurs : l’offre de trains et la desserte du territoire, l’accueil et l’information des voyageurs, la tarification, la sécurité et la qualité du service.
Ce cadre offre à la SNCB une stabilité pour planifier ses investissements, faire évoluer son offre et améliorer l’expérience des voyageurs, tout en s’inscrivant dans un environnement ferroviaire européen en mutation. Il traduit une volonté politique forte : garantir l’accès au train comme service public essentiel et pilier de la mobilité durable en Belgique.
La libéralisation du rail et la mise en concurrence avancent à grands pas. En 2032, la mission de service public sera mise sur le marché. Cette année, la SNCB existe depuis 100 ans et est à un moment charnière. Son défi est grand : devenir incontournable dans cet environnement concurrentiel et gagner cette mise en concurrence de la mission de service public.
L’histoire du rail belge se poursuit dans un contexte de transformation des usages et des attentes en matière de mobilité. Croissance de la fréquentation, modernisation du matériel roulant, digitalisation des services et intégration du train dans une mobilité plus multimodale prolongent une aventure commencée il y a près de deux siècles.
Forte de cette histoire riche et singulière, la SNCB continue de relier les personnes et les territoires, fidèle à sa mission de service public et tournée vers l’avenir.
Comme depuis 100 ans, le voyage continue.







